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Faut-il investir sur les fonds obligataires ou les EMTN en 2024?



Avec la hausse des taux, les fonds obligataires, délaissés depuis plusieurs années par les investisseurs, retrouvent de la valeur. Ils reviennent ainsi dans « le match » face à un autre produit de rendement qui a été lui plébiscité dans un contexte de taux bas : le produit structuré (EMTN). Lequel privilégier en 2024 ?


Quelle rentabilité ?


Les rendements versés par les fonds obligataires dépendent en premier lieu du niveau de taux des marchés. Ainsi, ils sont en ce moment bien plus attractifs qu’il y a quelques années, alors que le taux sans risque est passé en quelques mois de 0 à 3%.


L'autre critère déterminant pour le rendement est la prime de risque. Le risque de l’obligation est le défaut de l’entreprise qui ne pourrait donc plus verser le coupon et rembourser le capital. Plus ce risque est jugé élevé, plus le coupon fixé lors de l’émission de l’obligation sera élevé. Les rendements sont compris entre 3 et 5% pour les obligations jugées sûres, et plus de 5% pour les obligations « high yield », associées à des émetteurs plus risqués.


En 2023, de nombreuses sociétés de gestion ont créées des fonds dit « datés ». L'objectif d'un fonds daté est de conserverer la plupart des obligations détenues jusqu'à leur maturité (2025, 2026, 2027, etc...). Les obligations appartiennent majoritairement à la classe « High Yield », avec une note moyenne à BB. Avec ces fonds datés le rendement actuariel moyen est actuellement de 6,5%. Le rendement annualisé à maturité visé est donc de 5% net des frais de gestion du support, soit une performance de plus de 27% pour un fonds ayant une ayant une échéance en 2028 (5 ans).



Comme pour une obligation, l’espoir de rendement à maturité d’un produit structuré (EMTN) est connu à l’avance. Mais son versement dépend de l’évolution d’un indice de référence. Dans la plupart des cas, elle est versée si à une certaine date le cours de l’indice de référence n’est pas en dessous d’un niveau fixé à l’avance. Chaque produit structuré a ses propres caractéristiques :


Certains produits assez défensifs visent d’offrir du 5 ou 6% par an , quand d’autres plus ambitieux permettent d’espérer 8 ou 10%, voire plus.


Pour obtenir cette performance, deux possibilités :


  • Soit, à une date de constatation fixée dès le départ (généralement tous les trimestres ou semestres à partir de la première année), l’indice de référence est au dessus d’un certain niveau. Le produit est alors remboursé par anticipation et les investisseurs reçoivent la performance annualisée prévue.

  • Dans le cas où le produit arrive à l’échéance (donc il n’a pas été remboursé à aucune date de constatation), alors le capital peut être remboursé, avec le gain multiplié par le nombre d’années écoulées, si la baisse de l’indice ne dépasse pas un certain seuil (entre 20 et 50% selon les produits).

Résultat :


Malgré la hausse des taux, les fonds obligataires peinent à rapporte plus de 5%. Dans le même temps, on trouve des produits structurés très défensifs avec des rendements supérieurs. L’autre avantage du produit structuré est que les scénarios sont simples à anticiper : soit l’indice est au dessus d'un certain niveau et les coupons fixes sont versés, soit la performance est nulle (voire négative, voir le point d’après sur les risques). Il n’y a pas d’autres scénarios.


Rentabilité : avantage aux produits structurés



Quels risques ?


Le principal risque d’une obligation est la défaillance de l’émetteur. Si votre émetteur ne fait pas défaut, vous êtes certain de recevoir les coupons et le capital initial à l’échéance. Il y a cependant une exception : si vous vendez le titre avant l’échéance, vous pourriez subir une moins-value si l’évolution du titre n’a pas été favorable, par exemple parce que le risque de défaut perçu par les investisseurs a augmenté ou alors parce que les taux du marché ont augmenté.


Pour limiter ce risque, il est conseillé d’investir dans un « fonds obligataire daté ». Ce fonds va investir sur un panier d’obligations ayant toute la même maturité, et qu’il va conserver jusqu’à leur maturité. Ainsi, à l’échéance du fonds, si aucun titre n’a fait défaut, le fonds percevra le nominal des obligations et l’investisseur récupèrera son capital de départ quel que soit l’évolution des taux.

La plupart des fonds datés sont composés plusieurs titres (entre 50 et 100), provenant d'émetteurs différents et ayant tous des échéances différentes. Avec une telle diversification, le risque est largement « mutualisé » :si 5% des émetteurs font défaut, le rendement serait alors de 4% net de frais de gestion, et de 3,3% si 10% font défaut (estimations basées sur taux de recouvrement de 30%). L'investisseur réaliserait une perte à l'échéance si plus de 30% des émetteurs font faillite. Un scénario noir (mais statistiquement improbable) pour l'économie.



Dans le cas d’un produit structuré, la perte peut être évitée grâce à la barrière de protection du capital. En effet, à l’échéance du produit (donc si l’indice boursier n’a jamais été remboursé à aucune date de constatation), alors le capital sera remboursé si la baisse de l’indice ne dépasse pas un certain niveau. Ainsi, de nombreux produits structurés ont des barrières de protection à 50% voire plus permettant ainsi d’éviter les pertes, sauf si la baisse de l’indice dépasse ce niveau à l’échéance. Ainsi, à condition de conserver le produit jusqu’à l’échéance, le risque de perte en capital peut être fortement limité. Certains produits ont par exemple des barrières de protection jusqu’à 70% de baisse de l’indice !



Résultat : Que ce soit pour un fonds obligataire ou un produit structuré, il y a un risque de perte en capital qui peut être important en cas de krach boursier ou krach obligataire voire faillites d’entreprises. Mais dans les deux cas, les deux produits ont des garde-fous pour limiter les risques de perte, et seul un scénario noir entrainerait des pertes en capital à l’échéance. Mais le produit structuré a un défaut : si le scénario noir est avéré, la perte subie risque d’être importante, au-delà de la barrière, donc 50%, 60%, voire 70% de perte. Même si, on le répète, il s’agirait d’un scénario noir, ce type de produit n’est pas recommandé pour des profils prudents qui ne peuvent pas se permettre de perdre une partie de leur capital.


Risque : avantage au fonds obligataire


Quelle liquidité ?


Les fonds obligataires peuvent être vendus à tout moment à leur valeur liquidative (en J+1 ou J+2 selon l’enveloppe). Bien entendu, étant donné que le cours des obligations peut varier à la hausse comme à la baisse, il est recommandé de conserver le fonds plusieurs années, et idéalement jusqu’à l’échéance du fonds.


Le produit structuré aussi peut être vendu à tout moment, mais c’est encore moins recommandé. En effet, si vous vendez votre produit sans attendre ni l'échéance ni une date de constatation pour obtenir un remboursement anticipé, vous risquez de subir une perte en capital.


Avec le produit structuré, vous partez pour au moins un an. Avec un peu de chance, le produit sera remboursé par anticipation au bout d’un an, mais il est tout à fait envisageable qu’il faille attendre 2, 3, 5 ou 10 ans pour obtenir le remboursement. Dès lors que vous investissez dans un produit structuré, il est recommandé d'avoir un horizon d’investissement d’au moins 10 ans, et donc de ne vendre le produit en cours de vie qu'en cas de force majeure.


Résultat : Les deux produits sont liquides et donc peuvent être vendus à tout moment. Mais dans les deux cas, il est recommandé d’être prêt à conserver le produit jusqu’à son échéance, afin de limiter les risques de perte. Mais le produit structuré permet quand même d’espérer un remboursement au bout d’un an, avec versement du gain, en cas de scénario favorable. Passé un an, le remboursement peut aussi intervenir à chaque date de constatation, généralement semestrielle ou trimestrielle.


Liquidité : avantage produit structuré



Comment faire son choix ?


La période est particulièrement propice à un investissement en obligations. Non seulement, avec la hausse des taux, les rendements sont redevenus attractifs. Mais en plus, en cas de baisse des taux dans les prochaines années,, le prix des obligations peut grimper, ce qui permet d’espérer réaliser une plus-value. Certes, le rendement n’est pas garanti. Mais le placement reste très sûr, notamment si on investit dans un panier d’obligations, via un OPCVM, pour mutualiser le risque. De cette manière, si un ou deux entreprises font faillite, la perte serait compensée par les revenus versés par les autres titres. Au final, c’est un excellent placement pour diversifier, idéal pour les profils plutôt prudents avec un horizon de placement de 4-5 ans.



Nets de frais, les rendements obligataires avoisinent les 4%. Pour ceux qui recherchent un rendement supérieur, en contrepartie d’une prise risque un peu plus importante sans pour autant tout miser sur une hausse des marchés boursiers, le produit structuré parait une solution très pertinente. Il est généralement destiné aux profils plutôt équilibrés ou dynamique, voire prudent si on choisit des produits avec des barrières à 70%. Il faut aussi et surtout avoir un horizon de placement de 10 ans.






DIEM Geoffrey

Conseiller en Gestion de Patrimoine

Cabinet Diem Conseil & Patrimoine  


"Profitez du moment présent pour investir dans votre avenir"


Tel: 07 72 21 43 61

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