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Inflation et remontée des taux : faut-il revoir ses placements ?


Après une année 2025 où l'inflation avait presque disparu des radars, tombée à 0,7 % en mai 2025, la voilà de retour. En mai 2026, le taux d'inflation annuel en France s'établit à 2,4 %, son niveau le plus élevé depuis février 2024. Pour les épargnants, ce retour de la hausse des prix n'est pas une bonne nouvelle. Il érode le pouvoir d'achat, grignote les rendements des placements à taux fixe trop bas, et c'est elle qui a poussé la Banque centrale européenne à agir jeudi dernier.


Une inflation d'origine énergétique


Avant de céder à la panique, il faut comprendre d'où vient cette inflation. Et la réponse est claire : elle vient quasi exclusivement de l'énergie.


En mai 2026, l'inflation en France s'est accélérée à +2,4 % sur un an (après +2,2 % en avril), selon l'estimation de l'INSEE. Cette hausse s'explique avant tout par les prix de l'énergie, portés ce mois-ci par une forte progression des tarifs du gaz. Les autres composantes (alimentation, produits manufacturés, tabac) évoluent au même rythme qu'en avril, et les services n'accélèrent que légèrement. L'énergie reste donc le principal moteur de l'inflation, dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui pèse sur les marchés.


Ce que cela signifie concrètement : la hausse des prix que nous observons aujourd'hui ne ressemble pas à celle de 2022-2023. Elle ne vient pas d'une économie qui s'emballe, mais de la crise au Moyen-Orient qui a fait grimper les prix de l'énergie. Si la situation géopolitique se calme, l'inflation devrait rapidement se tasser.


Pour autant, 2,4 % aujourd'hui, c'est bien réel. Et pour votre épargne, ça fait une différence. Votre pouvoir d'achat baisse et si ce chiffre ne paraît pas dramatique, mais c'est une perte réelle, silencieuse, qui s'opère sans que vous fassiez quoi que ce soit.


Et ce phénomène s'accélère dès que votre épargne est placée à un taux inférieur à l'inflation. Pire, si vous conservez votre épargne sur votre compte courant non rémunéré.


Le piège de l'épargne réglementée


Prenons le cas le plus courant : le Livret A. Son taux est fixé à 1,5 % depuis le 1er février 2026. Bien moins que l'inflation actuelle.


Le calcul est simple :



En d'autres termes, votre Livret A vous fait perdre du pouvoir d'achat en ce moment. Sa formule de calcul intègre bien l'inflation mais avec un décalage, et sa prochaine revalorisation n'interviendra qu'en août 2026.


C'est précisément dans ces moments-là que laisser une part trop importante de son épargne "dormir" sur un livret devient coûteux. L'argent est là, il semble sécurisé, mais il perd de la valeur chaque mois. Pour autant, le livret A (ou tout autre livret d'épargne réglementée) est un pilier de l'épargne de précaution. Y laisser 6 mois de dépenses courantes est ce qui est souvent préconisé pour avoir une poche d'épargne liquide et faire face aux imprévus.


La BCE a relevé ses taux : que faut-il vraiment en retenir ?


Ce jeudi 11 juin 2026, la Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs de 25 points de base, une première depuis près de trois ans. Le taux de dépôt passe ainsi de 2,00 % à 2,25 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,40 %, et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %.


La BCE avait abaissé ses taux tout au long de 2024-2025 pour soutenir une économie en ralentissement. Mais face à la remontée de l'inflation, portée à 3,2 % en mai dans la zone euro, elle a décidé d'agir. L'objectif : éviter que cette inflation d'origine énergétique ne se diffuse plus largement et ne s'installe durablement.


Pour autant, le message de la conférence de presse est resté prudent et sans engagement sur la suite : une décision jugée appropriée au regard des données actuelles, mais toutes les options restent ouvertes. Pas de trajectoire préannoncée, pas de signal clair sur une prochaine hausse.


Deux solutions concrètes pour protéger votre épargne


Face à ce contexte (inflation à 2,4 %, rendement réel négatif du Livret A, remontée des taux) deux approches méritent votre attention.


1. Le fonds en euros : une valeur sûre, à condition de bien le choisir


Face à une inflation qui grignote silencieusement le rendement de votre épargne sécurisée, le fonds en euros est la réponse la plus directe : capital garanti, et un rendement qui peut largement dépasser l'inflation si le fonds en euros et le contrat sont bien choisis, car tous ne se valent pas.


Certains fonds en euros affichaient des rendements inférieurs à 2 % en 2025, ce qui ne change pas grand-chose par rapport au Livret A une fois les prélèvements sociaux déduits.


D'autres, mieux gérés ou investis sur des actifs plus dynamiques (immobilier, obligations à duration plus courte, actifs alternatifs), ont servi 3 à 5 % à leurs assurés.


Les critères décisifs : le rendement historique du fonds, couplé à la composition du fonds en euros et à la solidité de l'assureur. C'est pourquoi la sélection du bon contrat est aussi importante que le choix du véhicule d'épargne lui-même.



  1. La gestion pilotée : investir sans se préoccuper du contexte


Pour ceux qui souhaitent aller plus loin dans la recherche de rendement, la gestion pilotée répond à un contexte plus large : inflation, remontée des taux, tensions géopolitiques...


Autant d'incertitudes que des experts analysent et intègrent chaque mois dans votre allocation, sans que vous ayez à vous en préoccuper.


Le principe est simple : vous confiez la gestion de votre portefeuille à des experts. Vous choisissez d'abord un profil de risque (Prudent, Équilibré, Dynamique ou Audacieux) en fonction de votre horizon d'investissement et de votre tolérance aux fluctuations. Ensuite, votre conseiller en gestion de patrimoine analyse le contexte macroéconomique (inflation, tensions géopolitiques, cycles de marché, …) et ajustent chaque mois votre allocation en conséquence. Vous n'avez rien à décider, rien à surveiller.


La diversification comme bouclier


Votre épargne est répartie entre plusieurs classes d'actifs : actions, obligations, SCPI, fonds en euros, actifs alternatifs, sur différents secteurs et zones géographiques. Si un actif souffre d'un choc, comme l'énergie en ce moment, un autre peut compenser. C'est exactement ce dont vous avez besoin dans un environnement incertain.


A retenir


  • L'inflation est à 2,4 % en mai 2026, principalement due à la flambée des prix de l'énergie liée aux tensions au Moyen-Orient. L'inflation sous-jacente reste modérée.

  • Le Livret A à 1,5 % génère un rendement réel négatif de -0,9 %.

  • La BCE a relevé ses taux de 25 points de base le 11 juin, sans s'engager sur la suite : face aux incertitudes qui pèsent sur la trajectoire de l'inflation, toutes les options restent ouvertes.

  • Deux solutions adaptées à ce contexte : un fonds en euros soigneusement sélectionné pour sécuriser votre capital avec un rendement qui résiste à l'inflation, et la gestion pilotée pour déléguer à des experts et laisser le contexte macroéconomique entre de bonnes mains.




DIEM Geoffrey

Conseiller en Gestion de Patrimoine

Cabinet Diem Conseil & Patrimoine

 
 
 

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