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Pourquoi et comment investir dans les ETF crypto?


En crypto, il y a un conseil qu’on entend souvent qui est de détenir soi-même ses actifs sur un portefeuille physique de type Ledger. Mais depuis l’arrivée des ETF crypto il y a un peu plus de deux ans, il est désormais possible d’investir en crypto sans quitter votre compte-titres habituel.


Est-ce que les ETF peuvent être une alternative solide pour investir en crypto (spoiler : oui) ?


Mais alors, dans quelles situations ces ETF peuvent-ils être pertinents ? Lesquels choisir ?



Avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut poser quelques bases. Quand on parle d'ETF crypto, on parle d'un produit financier qui permet de s'exposer à la performance d'une crypto (le bitcoin ou l'ether dans la majorité des cas) sans avoir à en détenir directement.


💡 Les ETF (Exchange Traded Fund) sont des fonds cotés en bourse qui suivent la valeur d’un actif ou d’un panier d’actifs. Par exemple, le CAC40 ou l’or.


Le principe est le même que pour un ETF actions classique : vous achetez des parts d'un fonds, et ce fonds se charge d'acheter et de conserver l'actif sous-jacent à votre place. Vous gagnez si l'actif monte, vous perdez s'il baisse. Simple.



Le premier produit de ce type à voir le jour a été lancé en 2013 aux États-Unis par Grayscale, sous la forme d'un fonds bitcoin accessible aux investisseurs pros.


Mais la vraie révolution est arrivée en janvier 2024, quand la SEC, le gendarme financier américain, a enfin donné son feu vert aux premiers ETF bitcoin spot, c'est-à-dire des fonds qui détiennent réellement du bitcoin, et pas seulement des contrats pour spéculer sur du bitcoin papier.


Le succès a été immédiat et historique. En quelques semaines, ces ETF ont attiré des dizaines de milliards de dollars. BlackRock, Fidelity, Invesco… Les plus grands noms de la finance traditionnelle se sont lancés dessus.


Aujourd’hui, ces ETF représentent un peu plus de 6,5 % de l’ensemble des bitcoins en circulation.


1 299 369, c'est le nombre de bitcoins déposés dans les ETF aux États-Unis.


En Europe, des produits similaires existaient déjà depuis quelques années, mais c'est ce moment qui a véritablement légitimé la classe d'actifs.



Ça fait beaucoup de sigles tout ça, alors autant clarifier les choses une bonne fois pour toutes. L'ETP (Exchange Traded Product) est le terme générique qui désigne l'ensemble de ces produits financiers cotés en bourse et adossés à un actif sous-jacent. À l'intérieur de cette famille, on distingue trois grandes catégories :


  • les ETF (Exchange Traded Fund), des fonds qui détiennent physiquement l'actif ;

  • les ETC (Exchange Traded Commodity), techniquement des titres de créance, mais adossés à une matière première ou, dans notre cas, à une crypto détenue physiquement par l'émetteur ;

  • les ETN (Exchange Traded Note), également des titres de créance, mais sans que l'actif soit nécessairement détenu en face, ce qui introduit un risque en contrepartie plus élevé.

💡 En pratique, les produits accessibles en Europe ne sont pas des ETF, mais plutôt des ETC ou ETN. En effet, les règles européennes exigent une certaine diversification pour qu’un produit puisse être classé comme ETF. Il s’agit d’un abus de langage issu du marché américain où les règles de diversification sont moins strictes.


Pour bien saisir ce que les ETP apportent, il faut comprendre ce qu’ils remplacent.


Comme on le disait dans l’introduction, la méthode souvent privilégiée pour détenir des cryptos, c’est d’en détenir soi-même les clés cryptographiques. En effet, la blockchain est un système indépendant de la finance traditionnelle, ce qui apporte une certaine forme de résilience puisque personne ne peut l’arrêter ou le modifier unilatéralement.


Mais cela implique une certaine responsabilité, puisque le stockage de vos clés cryptographiques repose entièrement sur vous. Concrètement, lorsque vous créez un portefeuille, vous obtenez une phrase de 12 à 24 mots dont la connaissance est l’unique clé d’accès à vos fonds. C’est une liberté totale, mais si vous la perdez ou si on vous la vole, votre portefeuille peut être vidé en quelques secondes.


C’est précisément sur ce point que les ETP peuvent apporter quelque chose.



Maintenant qu'on sait de quoi on parle, la vraie question c'est : est-ce que ça vaut le coup ?


Comme souvent en investissement, la réponse honnête est : ça dépend.



Acheter du bitcoin implique de passer par un exchange crypto, ce qui nécessite de créer un compte, passer une vérification d’identité et si on veut bien faire les choses, créer un portefeuille et y transférer les cryptos.


Les ETP sont eux accessibles sur les brokers traditionnels, ce qui nécessitera toujours de créer un compte sur une plateforme et de passer une vérification d’identité, mais c’est au minimum deux étapes en moins. Encore mieux : si vous avez déjà un compte-titres chez IB, Degiro, Saxo Banque, etc., vous pourriez commencer dès maintenant.



Perdre sa phrase, faire une erreur dans une adresse, etc. Les risques liés à la détention en main propre sont réels. C’est très responsabilisant de détenir soi-même ses cryptos, mais ça peut vite devenir un facteur de stress.


Avec les ETP, aucun souci à se faire de ce côté puisque les bitcoins sont détenus par le gestionnaire de l’ETP.



L'imposition sera la même que vous déteniez des ETP ou des cryptos en direct :


  • soit la flat tax de 31,4 % sur les bénéfices générés ;

  • soit le barème progressif de l’impôt sur le revenu.


Vous ne payerez donc pas moins d'impôts sur les ETP, mais en revanche, vu que vous vous trouverez sur des plateformes plus traditionnelles, la déclaration des plus-values sera un peu plus facile et le jour où vous vendrez, les virements vers votre banque seront beaucoup moins sujets à des blocages.


Les exchanges nécessitent également une déclaration spécifique : le formulaire 3916-bis.


Une chose de moins à faire avec les ETP.



Puisqu’ils sont détenus chez un gestionnaire, les ETP requièrent des frais de gestion prélevés annuellement sur la valeur des actifs dans le fonds. Sur le marché européen, ils varient de 0,05 % à 1,5 % par an, ce qui peut faire une grosse différence, puisque c’est l’effet inverse à celui des intérêts composés qui s’applique année après année.


Heureusement, il est assez simple de calculer l’impact que peuvent avoir ces frais.


Les frais grimpent de manière exponentielle sur le long terme, quelques dixièmes de pour cent peuvent faire une grosse différence.



Bitcoin a précisément été créé pour permettre à n’importe qui de pouvoir utiliser une forme de monnaie numérique qui soit incensurable et infalsifiable. De ce point de vue, les ETP sont parfois vus comme le ver dans la pomme, puisqu’ils réintroduisent la finance traditionnelle dans un système qui cherche à la contourner.


Les ETP permettent de s’exposer à la volatilité des cryptos, mais ils ne reproduisent pas les qualités intrinsèques liées à la blockchain.


Si vous investissez en crypto uniquement pour l’aspect volatilité, cela ne devrait pas poser de réel problème.



Les ETN et ETC sont des produits de dette, ce qui implique un risque de contrepartie si l’émetteur du produit fait faillite.

Aujourd’hui, la plupart des gestionnaires couvrent leur fonds avec des vrais bitcoins détenus en trésorerie, donc ce risque est assez limité.



Les ETP ne sont pas une solution universelle, comme on vient de le voir, ils ont quelques inconvénients. Mais il existe des situations bien précises où ils s'imposent comme le choix le plus rationnel. En voici quatre.



Le principal reproche fait aux ETP, ce sont leurs frais de gestion annuels. Mais ce reproche n'a de poids que sur le long terme. Sur un horizon de trois à cinq ans, des frais à 0,25 % par an représentent moins de 1,5 % de coût total cumulé, ce qui est parfaitement négligeable face à la volatilité d'un actif comme le bitcoin. Si votre objectif est de vous exposer à la crypto sur une période définie, sans intention de détenir sur dix ou quinze ans, les ETP sont probablement l'option la plus efficace et la moins contraignante.



Gérer un portefeuille crypto en main propre, ce n'est pas réellement difficile, mais ça demande de la rigueur et ça peut vite devenir contraignant ou stressant.


Lorsque l’on voit les niveaux actuels des frais des ETP, il est possible d’investir sur vingt-cinq ans pour une perte de performance inférieure à 5 %, ce qui n’est pas négligeable, mais tout à fait acceptable pour acheter la tranquillité d’esprit.



Si vous faites déjà du DCA sur un compte-titres (achat régulier), ajouter une ligne d’ETP à votre portefeuille actuel sera extrêmement facile à mettre en place : même interface, même processus d’achat, même déclaration fiscale.


Réduire les frictions est essentiel pour s’assurer d’investir de manière constante sur le long terme.



Que vous investissiez pour vos enfants, vos parents ou votre conjoint/conjointe, la détention en main propre ajoute beaucoup de complexité : qui détient le portefeuille physique ? Comment stocker la phrase de manière sécurisée ? Quoi faire si la personne qui gère le portefeuille n’est plus là ?


Avec les ETP, ces questions ne se posent plus puisque le compte est ouvert directement au nom du bénéficiaire. Même si ça nécessite quelques compétences, cela rajoute quelques garde-fous qui n’existent pas dans la détention en main propre.



Voici une liste non exhaustive des ETF crypto accessibles en France. Vous les retrouverez sur vos brokers habituels : IB, Degiro, Saxo Banque, Boursobank, etc.


Aucun d’entre eux n’est éligible PEA. En théorie, ils pourraient être inclus dans des assurances-vie, mais à ma connaissance aucune ne le propose à ce jour. Le compte-titres reste la voie royale pour les ETP crypto aujourd’hui.


Nom : 21shares Bitcoin Core ETP

Encours sous gestion : 413 M$

ISIN : CH1199067674

Frais de gestion : 0,10 %, puis 0,21 à partir de septembre 2026

Nom : WisdomTree Physical Bitcoin

Encours sous gestion : 1122 M$

ISIN : GB00BJYDH287

Frais de gestion : 0,15 %

Nom : Coinshares Bitcoin ETP

Encours sous gestion : 1390 M$

ISIN : GB00BLD4ZL17

Frais de gestion : 0,15 %

Nom : iShares Bitcoin ETP

Encours sous gestion : 894 M$

ISIN : XS2940466316

Frais de gestion : 0,15 %, puis 0,25 % à partir de 2027

Ces quatre-là sont plutôt similaires avec un encours suffisamment élevé pour assurer une bonne liquidité et des frais plutôt bas. Je vous ajoute un cinquième ETF, qui lui est dédié à Ethereum et qui inclut le staking des ETH.


Nom : 21shares Ethereum Core Staking ETP

Encours sous gestion : 80 M$

ISIN : CH1209763130

Frais de gestion : 0,10 %


Les ETP ne sont pas une solution parfaite, les frais de gestion notamment peuvent être un frein important qu’il ne faut pas minimiser, mais ils répondent à un besoin concret : permettre aux investisseurs de s’exposer aux cryptos sans avoir à maîtriser tous les aspects de la blockchain.


Si vous investissez sur le long terme, la détention en main propre reste la meilleure option : à la fois pour réduire les frais, mais aussi car cela nécessite d’utiliser la technologie et donc de comprendre son fonctionnement et d’en apprécier ses qualités. Mais si vous y trouvez un avantage, les ETP sont aujourd’hui une alternative viable pour s’exposer à ce marché.


Car le meilleur investissement reste celui que vous allez effectivement faire et réussir à maintenir dans le temps. Si les ETP permettent pour vous de réduire les frictions, alors c’est une bonne chose.


>Je souhaite contacter un conseiller pour m'aider à investir dans les crypto actifs



DIEM Geoffrey

Conseiller en Gestion de Patrimoine

Cabinet Diem Conseil & Patrimoine  


"Profitez du moment présent pour investir dans votre avenir"


Tel: 07 72 21 43 61

 
 
 

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