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Énergie : La grande bataille des prochaines années


Un marché gigantesque en pleine transformation


Les chiffres donnent le vertige. L’Agence internationale de l’énergie estime que 3 400 milliards de dollars seront investis dans l’énergie en 2026, un record. Environ 2 200 milliards iront aux renouvelables, au nucléaire, aux réseaux, au stockage, à l’efficacité énergétique et à l’électrification, contre 1 200 milliards pour le pétrole, le gaz et le charbon. Surtout, près de 60% des investissements énergétiques mondiaux concernent désormais directement l’électricité.


Ce basculement répond à une demande structurellement forte. La consommation mondiale d’électricité a progressé de 3% en 2025 et devrait augmenter d’environ 3,6% par an entre 2026 et 2030, beaucoup plus vite que la demande énergétique globale. Industrie, véhicules électriques et climatisation soutiennent cette tendance, mais l’intelligence artificielle ajoute un nouveau moteur spectaculaire : la consommation électrique des centres de données pourrait plus que doubler d’ici 2030, pour approcher 945 térawattheures, soit davantage que la consommation actuelle du Japon.


Pétrole, gaz, renouvelables : pas de remplacement brutal


La transition énergétique n’est pourtant pas synonyme de disparition rapide des hydrocarbures. Le pétrole reste indispensable aux transports, à la pétrochimie et à de nombreuses économies émergentes. Le gaz conserve également une place stratégique pour produire de l’électricité lorsque le solaire ou l’éolien ne suffisent pas, mais aussi pour l’industrie. Les géants cotés comme Saudi Aramco, ExxonMobil, Chevron, Shell, TotalEnergies ou BP restent ainsi au cœur du système énergétique mondial et génèrent, lorsque les prix des hydrocarbures sont favorables, des flux de trésorerie considérables.


En parallèle, le centre de gravité se déplace progressivement vers l’électricité. Les renouvelables devraient dépasser le charbon dès 2026 comme première source mondiale de production électrique, et leur part pourrait passer de 33% en 2025 à 37% en 2027. Cette évolution profite potentiellement aux grands producteurs d’électricité comme Iberdrola, NextEra Energy ou Enel, mais aussi à tout l’écosystème des réseaux, des équipements électriques et du stockage. Le nucléaire connaît lui aussi un regain d’intérêt, porté par la recherche d’une production bas carbone disponible en continu et par les besoins croissants des centres de données.


Des opportunités… mais un secteur sous haute tension


Pour les investisseurs, le secteur de l’énergie présente plusieurs moteurs de long terme : hausse mondiale de la consommation, électrification de l’économie, besoins gigantesques dans les réseaux, essor du solaire et du stockage, retour du nucléaire et importance persistante du pétrole et du gaz. La diversification des modèles économiques est un autre atout : une compagnie pétrolière intégrée ne dépend pas des mêmes facteurs qu’un producteur renouvelable, un exploitant nucléaire ou un spécialiste des infrastructures électriques.


Mais le secteur reste l’un des plus complexes et volatils de la cote. Les producteurs d’hydrocarbures sont très sensibles aux cours du pétrole et du gaz, donc à l’OPEP, à la croissance mondiale et surtout à la géopolitique. En juillet 2026, les cours du pétrole ont évolué dans une fourchette exceptionnelle de près de 40 dollars le baril sous l’effet des tensions au Moyen-Orient. Les renouvelables sont très gourmands en capitaux et sensibles aux taux d’intérêt, aux réglementations et aux difficultés de raccordement aux réseaux. Le nucléaire porte ses propres risques industriels, réglementaires et politiques.


L’énergie mondiale entre ainsi dans une phase paradoxale : il faut décarboner, mais aussi produire beaucoup plus d’électricité, sécuriser les approvisionnements et maintenir des capacités traditionnelles suffisantes. Pour l’investisseur, toute la difficulté consiste donc à identifier les segments capables de profiter durablement de cette transformation sans sous-estimer leur cyclicité, leur valorisation et leurs risques spécifiques.


Pour diversifier son exposition au secteur de l’énergie, plusieurs ETF permettent d’investir simplement sur des segments complémentaires, des énergies traditionnelles aux nouvelles technologies énergétiques.


Investir dans l’énergie


Pour s’exposer au secteur de l’énergie sans avoir à choisir soi-même entre les majors pétrolières, les producteurs d’électricité ou les spécialistes des renouvelables, les ETF offrent une solution simple. Mais derrière le mot “énergie” se cachent aujourd’hui des réalités très différentes.


Deux ETF permettent justement d’illustrer cette opposition : l’Amundi MSCI New Energy (ISIN : FR0010524777), tourné vers la transition énergétique, et l’Amundi STOXX Europe 600 Energy (ISIN : LU1834988278), beaucoup plus exposé aux grands groupes énergétiques européens, notamment pétroliers et gaziers.


1. La transition énergétique


L’Amundi MSCI New Energy sélectionne des entreprises mondiales liées aux énergies alternatives, à l’efficacité énergétique, aux batteries et aux réseaux électriques intelligents. Au 31 juillet 2026, l’indice comptait 98 valeurs. Il ne s’agit donc pas d’un ETF concentré uniquement sur les fabricants d’éoliennes ou de panneaux solaires : son univers est beaucoup plus large et profite notamment de l’électrification croissante de l’économie.


Sa composition le montre bien. L’industrie représente près de 39% de l’indice et les services aux collectivités, producteurs et distributeurs d’électricité notamment, environ 35%. Suivent la technologie à près de 14% et les matériaux autour de 12%. Parmi les principales positions figurent Schneider Electric à 9,9%, Iberdrola à 8,9%, GE Vernova à 8%, NextEra Energy à 7,9% et Siemens Energy à 7,6%. Géographiquement, les États-Unis dominent avec environ 34%, devant le Japon, l’Espagne, la France et l’Allemagne. L’exposition est donc réellement internationale et relativement diversifiée, même si les dix premières lignes représentent près des deux tiers de l’indice.


Cette diversification ne signifie pas pour autant une faible volatilité. Elle ressort à près de 20% sur un, trois et cinq ans.


Performances annuelles de l’ETF :


2026 : +26,26%*, à la clôture du mercredi 26 août

2025 : +28,63%*

2024 : -6,85%*

2023 : -21,73%*

2022 : -13,17%*

2021 : +1,13%*

2020 : +47,76%*


Sur le plan pratique, l’ETF distribue les dividendes et affiche des frais de gestion de 0,60% par an. L’intérêt de cet ETF est donc d’investir dans la transformation du système énergétique mondial plutôt que dans le seul pétrole. Électrification, réseaux, efficacité énergétique et renouvelables constituent de puissants moteurs de long terme. En contrepartie, cette thématique peut connaître de longues phases de correction et reste sensible aux taux, aux valorisations boursières et aux décisions politiques.


2. Une exposition plus traditionnelle


Le deuxième ETF répond à une logique très différente. L’Amundi STOXX Europe 600 Energy cible des entreprises européennes du secteur énergétique après application de plusieurs filtres environnementaux, sociaux et de gouvernance(ESG). L’indice ne comptait que 20 valeurs au 31 juillet 2026 : la diversification est donc nettement plus faible que dans le premier ETF.


La concentration est même particulièrement élevée. Shell représente à elle seule plus de 30% de l’indice, devant Siemens Energy à 14,9%, Eni à 12,9%, Repsol à 8,3% et Vestas à 7,7%. Les dix premières positions pèsent plus de 88% du portefeuille. Le Royaume-Uni représente environ 30% de l’indice, devant l’Italie à 18% et l’Allemagne à 16%. Malgré la présence de Siemens Energy ou Vestas, l’ETF reste principalement exposé aux grands groupes pétroliers et gaziers européens : le secteur énergétique traditionnel représente plus de 72% de l’indice.


Cette exposition a été particulièrement porteuse ces dernières années :


2026 : +36,24%*, à la clôture du mercredi 26 août

2025 : +43,80%*

2024 : -1,36%*

2023 : +2,59%*

2022 : +29,16%*

2021 : +21,57%*

2020 : -21,92%*


Sur le plan pratique, cet ETF capitalise les dividendes et affiche des frais plus réduits de 0,30% par an.


Ces deux supports d’investissement permettent finalement de tabler sur deux scénarios très différents, voire complémentaires. L’Amundi MSCI New Energy mise davantage sur la transformation du système énergétique mondial et l’électrification de l’économie. L’Amundi STOXX Europe 600 Energy offre une exposition beaucoup plus directe aux grands acteurs européens de l’énergie et reste davantage sensible aux prix du pétrole et du gaz, à la géopolitique et au cycle économique.


Dans les deux cas, il s’agit d’expositions sectorielles qui doivent rester mesurées au sein d’une allocation déjà largement diversifiée. La transition énergétique offre des perspectives de long terme, tandis que les producteurs traditionnels peuvent profiter de tensions durables sur l’offre. Mais aucun de ces deux moteurs n’échappe à une forte cyclicité ni au risque de correction boursière.


>Je souhaite contacter un conseiller pour en savoir plus sur les ETF et l'Assurance Vie



DIEM Geoffrey

Conseiller en Gestion de Patrimoine



 
 
 

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