Placements sans risque : où en est-on à mi-année 2026 ?
- Geoffrey Diem
- il y a 1 jour
- 7 min de lecture

En six mois, le paysage de l'épargne a changé de visage. Tensions au Moyen-Orient, flambée des prix de l'énergie, retour de l'inflation au-dessus de 3 %, et pour la première fois depuis 2023, une Banque centrale européenne qui relève ses taux au lieu de les baisser. Ce premier semestre 2026 a été riche en rebondissements pour les épargnants.
Dans ce contexte, une question revient sans cesse : où mettre son argent quand on veut avant tout le protéger ?
Cette configuration de marché redonne toutefois de l'attractivité aux produits à capital garanti. Livrets, fonds en euros, épargne réglementée… ces solutions redeviennent attractives.
Un premier semestre sous tension
Depuis fin février 2026, le conflit au Moyen-Orient perturbe le trafic pétrolier dans le détroit d'Ormuz, l'un des points de passage les plus stratégiques pour les approvisionnements mondiaux en énergie.
Résultat : les prix du gaz et du pétrole se sont envolés, entraînant dans leur sillage une inflation que l'on croyait pourtant maîtrisée. En mai 2026, la hausse des prix en zone euro a atteint un pic à 3,2 % sur un an, son plus haut niveau en trois ans, contre 3 % le mois précédent.
Face à cette poussée inflationniste, la BCE a réagi. Réunie le 11 juin 2026, elle a décidé de relever ses trois taux directeurs de 0,25 point. Depuis le 17 juin, le taux de la facilité de dépôt, celui qui sert de référence pour l'épargne, s'établit à 2,25 %, contre 2,00 % auparavant. Il s'agit de la première hausse depuis 2023, après plusieurs mois de baisses. Fait notable : la BCE a resserré sa politique monétaire alors même que la croissance de la zone euro restait atone (-0,2 % au premier trimestre), preuve que la lutte contre l'inflation importée passait avant tout le reste.
Sur les marchés actions, ce climat géopolitique a d'ailleurs pesé directement : le CAC 40, qui évoluait sur des sommets historiques début 2026, a chuté d'environ 13 % en quelques séances au moment du pic de tensions au printemps, avant de rebondir. De quoi rappeler, à ceux qui n'ont pas le goût du risque, la rapidité avec laquelle la Bourse peut se retourner.
Néanmoins pour ceux qui souhaiteraient s'exposer aux actions, notamment le CAC40 mais aussi le S&P 500 ou encore le DAX, le PEA est l'une des enveloppes à privilégier.
Pourquoi cette hausse des taux est une bonne nouvelle pour l'épargne sécurisée
Si la hausse des taux de la BCE pèse sur les emprunteurs, le crédit devenant mécaniquement plus coûteux, elle bénéficie en revanche directement aux produits d'épargne à capital garanti. La mécanique est simple : les taux courts remontent, les banques et les assureurs peuvent proposer des rendements plus attractifs sur les supports sans risque, sans avoir besoin de prendre plus de risque pour les financer.
Le cas du Livret A l'illustre bien. Son taux est fixé deux fois par an par la Banque de France, à partir d'une formule qui combine inflation et taux interbancaire de court terme (piloté par la BCE). Sur ce premier semestre 2026, c'est la remontée de ce taux interbancaire, ainsi que l'inflation, qui explique le relèvement du Livret A à 1,70 % au 1er août.
Les compagnies d'assurance profitent de la même dynamique : plusieurs proposent en ce moment des offres à taux bonifié, qui permettent de doper le rendement du fonds en euros en contrepartie d'une part investie en unités de compte. De quoi allier un rendement renforcé et une diversification vers des supports au potentiel de performance plus élevé, tout en conservant l'essentiel de son épargne sur un support garanti.
Panorama des solutions à capital garanti de 2026
1. Les livrets d'épargne réglementée
Le Livret A reste le placement préféré des Français, avec plus de 58 millions de détenteurs. Après une série de baisses qui l'avait fait descendre à 1,50 % depuis février 2026, son taux remonte à 1,70 % à compter du 1er août 2026, une première revalorisation depuis 2023, portée par la remontée de l'inflation et des taux monétaires de court terme. Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) suit exactement la même trajectoire. Quant au Livret d'Épargne Populaire (LEP), réservé aux foyers modestes sous conditions de revenus, il reste nettement plus généreux, à 2,50 %, un maintien volontaire au-dessus du niveau calculé par la formule réglementaire, pour préserver le pouvoir d'achat des ménages les plus fragiles.
L'avantage de ces livrets : une fiscalité imbattable, puisque les intérêts sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. L'inconvénient : des plafonds de versement (22 950 € pour le Livret A, 12 000 € pour le LDDS) qui limitent leur usage à l'épargne de précaution.
En effet, un livret A au plafond ne rapporte sur un an que 390 € d'intérêts, ce qui le cantonne à son rôle de réserve de liquidités.
2. Le livret bancaire, pour aller plus loin que les plafonds
Une fois les plafonds des livrets réglementés atteints, le livret bancaire (ou « super livret ») prend le relais. Non plafonné, disponible à tout moment et sans risque sur le capital, il permet de continuer à faire fructifier une épargne de précaution au-delà des limites imposées par le Livret A ou le LDDS. Sa fiscalité est en revanche moins favorable, puisque les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.
3. Les comptes à terme : une parenthèse qui se referme
Les comptes à terme (CAT) avaient connu un regain d'intérêt lors du dernier cycle de hausse des taux, entre 2023 et 2024. Depuis, le mouvement s'est largement essoufflé : la période de baisse des taux entamée en 2024-2025 a rogné les rendements proposés par les banques, qui restent aujourd'hui globalement moins compétitifs qu'à l'époque. La récente remontée des taux de la BCE pourrait redonner un peu d'air à ce type de produit dans les mois à venir, mais pour l'instant, les offres du marché ne se distinguent pas particulièrement des solutions plus souples comme le fonds en euros. Mieux vaut donc, à ce stade, privilégier des alternatives qui, par ailleurs, ne bloquent pas votre épargne pendant une période définie (jusqu'à 5 ans selon les offres).
4. Le fonds en euros : une tendance durable, soutenue par la hausse des taux
Le mouvement n'est pas nouveau : depuis plusieurs années déjà, le fonds en euros de l'assurance-vie profite progressivement de la remontée des taux d'intérêt. Le mécanisme est mécanique et se joue sur la durée : à mesure que les obligations détenues en portefeuille arrivent à échéance, les assureurs réinvestissent sur des titres plus récents, émis à des taux plus élevés qu'il y a quelques années. Ce renouvellement progressif du stock obligataire tire chaque année un peu plus le rendement moyen des fonds en euros vers le haut.
Selon le baromètre 2026 de Good Value for Money, les fonds en euros ont rapporté en moyenne 2,65 % net en 2024 comme en 2025. Sous l'effet du renouvellement progressif du stock obligataire et de taux obligataires longs restés élevés (portés notamment par la situation budgétaire française), l'organisme anticipe une progression du rendement moyen d'environ 0,25 point pour 2026, portant l'estimation à 2,90 % net en moyenne. Les écarts entre contrats resteront toutefois marqués : les fonds les moins performants pourraient stagner autour de 1 %, tandis que les meilleures offres, bonus commerciaux inclus, pourraient atteindre jusqu'à 5,50 %.
Dans ce contexte de taux orientés à la hausse, le fonds en euros reste un support particulièrement pertinent avec trois atouts :
La sécurité du capital : quelles que soient les secousses sur les marchés financiers ou l'actualité internationale, les sommes versées sur un fonds en euros ne peuvent pas baisser.
Une disponibilité réelle : contrairement à une idée reçue tenace, l'argent placé sur une assurance-vie n'est jamais bloqué pendant huit ans. Ce cap correspond uniquement à un seuil de fiscalité plus avantageuse en cas de rachat ; il est tout à fait possible de récupérer son épargne à tout moment, généralement en quelques jours.
Des taux dopés par la concurrence : pour attirer de nouveaux clients dans ce contexte de hausse des taux, les assureurs multiplient les offres avec des taux bonifiés, parfois bien au-delà des rendements habituels du marché.
Plus que jamais, le fonds en euros est donc a solution idéale pour l'épargnant en recherche de sécurité tout en visant un rendement supérieur aux livrets réglementés.
5. Le Plan d'Épargne Logement (PEL), pour sécuriser un taux sur la durée
Le Plan d'Épargne Logement est un placement à capital garanti, mais a nettement perdu de son attrait ces dernières années. Depuis le 1er janvier 2026, les nouveaux PEL sont rémunérés à seulement 2 % brut (environ 1,40 % net après PFU), un taux figé dès l'ouverture pour toute la durée du plan. Son seul véritable atout réside dans le droit à un prêt immobilier à taux préférentiel, mais celui-ci ne s'ouvre qu'après quatre ans de détention et à des conditions (3,20 % pour les plans ouverts en 2026) qui ne sont plus forcément plus avantageuses que le marché du crédit classique. Pour une épargne à capital garanti aujourd'hui, mieux vaut donc se tourner vers les solutions présentées plus haut, plus rémunératrices et plus souples.
Comment répartir son épargne selon son horizon
L'actualité de ce premier semestre 2026 n'incite guère à l'imprudence. Mais elle ne doit pas non plus pousser à l'immobilisme : laisser dormir son épargne sur un compte courant non rémunéré revient, dans ce contexte, à la voir fondre un peu plus chaque mois sous l'effet de l'inflation. Face à cette actualité, la meilleure stratégie est de distinguer le court terme du moyen-long terme.
Pour l'épargne de précaution (2 à 3 mois de dépenses courantes, disponible pour l'imprévu), les livrets réglementés restent les outils les plus adaptés : liquidité immédiate et capital garanti.
Pour faire fructifier l'excédent au-delà de cette réserve, et viser un rendement supérieur à l'inflation sur la durée, le fonds en euros de l'assurance-vie constitue une solution plus performante, tout en conservant la sécurité du capital et une disponibilité réelle. Les offres actuelles nécessitent une part investie en unités de compte, un support au potentiel de performance plus élevé mais qui comporte un risque de perte en capital. Une diversification bienvenue, notamment pour du plus long terme.
Au-delà des placements garantissant le capital, il existe pour ceux qui souhaitent prendre du risque et viser un rendement supérieur de nombreuses solutions sur le marché. Si c'est votre cas, n'hésitez pas à contacter votre conseiller en gestion de patrimoine pour un point dédié gratuit et sans engagement.
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DIEM Geoffrey
Conseiller en Gestion de Patrimoine
Cabinet Diem Conseil & Patrimoine




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